Ce mercredi 10 février 2010 après avoir informé les familles que le samedi 13 nous emmenions les enfants au cinéma à Lyon, nous - Geneviève et Gilberte - quittions en voiture le squat du chemin de la Grande allée à Pierre Bénite - qui se termine en impasse à ce niveau là - où nous avions stationné.
Nous vîmes arriver face à nous, roulant à droite puis se déportant sur sa gauche - comme si ils avaient le projet d’intercepter des individus dangereux - un véhicule de la police nationale gyrophare allumé qui s’est arrêté face à notre voiture impliquant un arrêt immédiat.
Le policier qui est venu à notre hauteur a demandé assez agressivement : « d’où venez vous ? ». Nous n’avions rien à cacher, mais aucun compte à rendre non plus, Geneviève qui conduisait a demandé pourquoi cette question et si il y avait une infraction. Cette réponse a été interprétée comme un « refus de répondre » et nous avons vite été entourées par les autres policiers deux hommes une femme : vérification des papiers, examen de la voiture pour trouver une infraction quelconque, tandis que le « dialogue » se poursuivait avec le plus gradé.
Notre refus de répondre, bien que relevant de notre droit le plus strict, comme il l’a reconnu, prouvait à l’évidence a t-il dit que « nous n’aimions pas la police » et cela justifiait pleinement le harcèlement auquel lui et ses collègues étaient en train de se livrer. Désespérant en effet de trouver une brèche légale où s’engouffrer, soit avec la voiture, soit dans notre comportement, l’un d’eux a fini par déclarer que Geneviève roulait sans sa ceinture, ce qui était faux, nous l’avions toutes les deux mises en démarrant.
Grâce à ce truc invérifiable, ils ont commencé à verbaliser. Pendant ce temps deux autres voitures de la police nationale avec gyrophare allumé sont arrivées et ont pris position autour de nous.
Gilberte n’était pas sortie de la voiture car ils n’ont pas le droit de demander les papiers des passagers et était de ce fait témoin.
Geneviève a refusé de reconnaître l’infraction et de signer le PV, ils ont alors menacé d’en rajouter un de plus à propos d’un rétroviseur soi-disant non-conforme, d’un essuie-glace abimé … Puis ils y ont renoncé et nous ont laissé partir en nous suivant.
Il n’est pas inutile de préciser que l’incident s’est passé le jour même et à l’heure où le collectif de solidarité avec les Rroms avait organisé un pot amical sur une place publique d’Oullins pour faire se rencontrer des habitants d’Oullins et leurs voisins squatters rroms.
Geneviève et Gilberte
NB. Geneviève a contesté la contravention auprès du Tribunal de Police (90 euros en amende « minorée » et retrait de points de permis demandé par les policiers).
| Date | par | Message |
| 20/02 | Geneviève Decrop | Est-ce un délit que d’accompagner des enfants rroms avec leurs parents quand ils vivent dans des conditions précaires déshumanisantes dans l’agglomération lyonnaise ? |
Bonjour, Je vous remercie de vos messages de soutien dans l’affaire de notre « interpellation » par la police à la sortie du squat de Pierre Bénite. Vos réactions m’ont fait chaud au cœur.
Geneviève Decrop, le 19 février 2010 |